Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 01:51

      “... Si l’âge des civilisations se doit mesurer par le nombre des contradictions qu’elles accumulent, par le nombre des croyances incompatibles qui s’y rencontrent et s’y tempèrent l’une l’autre, par la pluralité des philosophies et des esthétiques qui coexistent et cohabitent dans les mêmes têtes, il faut consentir que notre civilisation est des plus âgées” (Paul Valéry, La crise de l’Esprit, 1919)

 

     Cette sentence du siècle passé illustre parfaitement à notre époque le niveau de décadence en surface où se situe la Science que l’on nomme Alchimie.


      Il n’y a qu’à se promener sur la toile qu’est internet pour s’apercevoir du nombre de forums, de blogs, de groupes de discussion, de maisons d’édition et de livres spécialisés qui se multiplient en abondance. Ces organes d’informations et de recherches répandent de multiples avis, sous effet d’annonces grandiloquentes recouvrant des mystères soi-disant dévoilés ou d’énigmes résolues débouchant sur la découverte de trésors infinis.


      On promet d’expliquer les paradoxes et paradigmes hermétiques, de délivrer l’homme de sa condition mortifère, d’offrir la gloire et la santé au chaland appâté par le mystère et la magie d’une discipline hermétique qui par définition lui est inconnue car difficilement pénétrable et forcément merveilleuse.

      Cette multiplication des sources traitant de l’Alchimie ainsi que les discussions théoriques rendent l’illusion que Notre discipline est aujourd’hui accessible. Cette perception erronée de la réalité objective à l’égard des principes hermétiques poussent les chercheurs à légitimer leurs propres expériences sophistiquées comme théories authentiques. Leurs notions chancelantes et dévoyées forment une base de concepts abstraits qui prend racine à partir du domaine si particulier mais fondamental qu’est la détermination de leur Matière Première et de leur Feu Secret.

      Et à chaque chercheur passionné, véhément mais égaré dans le labyrinthe qui mène à l’élection des Matières qui composent le Magistère, s’associe une nouvelle voie née de l’ignorance et de la mystification plénière. Ici les partisans de la rosée ou de la spagyrie et là les adeptes de la stibine, du réalgar ou du cinabre. Certains envisagent une alchimie “animale”, du sang et de l’urine, d’autres opposent le magnétisme, les rayons du soleil et le secours de la théurgie. Nombreux sont ceux qui se revendiquent également d’une alchimie dite spirituelle, mutilée à sa base, pour être détournée vers un surgeon faible et malade dans de vaines considérations contemporaines de la Philosophie Chymique.


      L’accès à l’information de masse, au corpus hermétique abordable car en téléchargement libre et la facilité d’achat d’un laboratoire ont définitivement obscurci la théorie en Hermès, reléguant les principes Soufre et Mercure à des chimères où la domination du rêve et l’évasion sans consistance s’offre aux curieux investigateurs.

      Imbus de leurs propres prérogatives sous couvert d’un libre-arbitre triomphant et fédérateur, ils assènent leurs systèmes qu’il érigent en vérité malgré l’absence de toute réalisation tangible, dans l’espoir d’être seulement écoutés, ou pour d’autres, courtisés, flattés, adorés et chéris tel l’enfant prodigue. Et dans leurs démarches égotiques, embrassant les 1000 voies de Flamel, celles de l’éparpillement et de la perdition, ils n’ont que faire de l’enseignement des Anciens qu’ils travestissent pour justifier de leurs dérives.

      Sont-ils réellement conscients de l’inanité de leurs démarches hermétiques ou bien est-ce que le spectre de la reconnaissance publique par tous moyens de diffusions a t’il eu définitivement raison de Notre Philosophie dans leur esprits étriqués ?


      Nous ne condamnons personne, et certainement pas le curieux ou le chercheur sincère qui viendrait prendre ce dont il a besoin selon ses prédispositions car rare est l’individu dont les tendances à la naissance peuvent lui donner toutes les qualifications naturelles et innées pour devenir un jour Adepte. Certains objecteront que notre discours est intolérant mais nous n’avons pas la prétention de censurer ou de réprimander ces auteurs qui contesteront nos dires en invoquant le droit et le devoir de chercher, de s’interroger et fédérer un groupe de personnes pour sonder les mystères hermétiques.


      Nous leur répondrons que la Quête alchimique, dont le but premier est la Délivrance de l’homme envers l’Ignorance, est par définition secrète car inconnaissable par l’intellect seul, intérieure de par son expérience intime et personnelle parce qu’elle touche à la Connaissance de Soi. Laissons donc les groupes se faire et se défaire, les temples et loges se dégrader et les hommes passer, l’Alchimie n’a jamais réclamé le nombre, se faisant ennemie du multiple en son principe, “Tout est Un”.

 

Nous souhaitons la Paix sur tous.

Gloire seule au Père.

 

Par alchimie.mystique.over-blog.com - Publié dans : Version française - Communauté : Franc-Maçonnerie&Spiritualité
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